EUROCHORUS 2008

 

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ECCE COR MEUM

 

« Voici mon cœur »… ces mots saisirent Paul McCartney alors qu’il assistait à un concert de John Tavener à l’église St Ignace de Loyola de New York, en lisant sous un crucifix le précepte Ecce Cor Meum. Il devait répondre à la commande d’une pièce chorale que lui avait passée Anthony Smith, à l’époque président du Magdalen College, et il en cherchait alors le sujet et le texte. C’est ainsi qu’une sorte d’illumination lui vint.

          Cette œuvre inattendue, dont la commande fut une surprise pour McCartney autant qu’elle l’est pour les auditeurs, coule pourtant de source, intense et vibrante, tendue vers la lumière, comme savent l’être les chansons de l’ex-Beatle : c’est que le registre d’expression est à cent lieues du domaine habituel du bassiste gaucher ! Celui-ci revendique une totale liberté d’écriture, privilégié par son inexpérience et sa fraîcheur dans le domaine de la musique sacrée. A plusieurs reprises, McCartney s’est d’ailleurs essayé au style « classique » : The Liverpool Oratorio (1991), A leaf (1995), Standing Stone (1997) et Working Classical (1999) sont ses premiers essais.

 

Caricature de P. McCartney - Galerie de Diane, château de Fontainebleau

Caricature de Paul McCartney - galerie de Diane château de Fontainebleau

         L’auteur mit 8 années à écrire cette musique, la composition ayant été interrompue par la mort de sa femme Linda, dont le souvenir hante les passages les plus poignants. « L’oratorio contient l’esprit de Linda et ma douleur après son décès », a-t-il expliqué en septembre 2006. « Je l’ai commencé quand Linda était en vie; nous sommes allés au Magdalen College ensemble, alors il y a beaucoup de mes sentiments pour elle, dedans… Quand elle est décédée, je me suis effondré. Il m’a fallu à peu près un an avant que je puisse reprendre ».

         Ode humble et fervente à la musique, Ecce Cor Meum est une pièce enthousiaste et troublante, qui incarne le processus mystique du compositeur, toujours tendu vers l’espoir. Sait-on que McCartney ne suivit jamais aucune leçon de composition ni de solfège ? Ce qui, d’après lui, l’a conduit à des « accidents heureux » ! Moins modestement, ne pourrait-on pas parler d’impulsions géniales ?